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SPARES : interview du Dr Loic Simon

SPARES est une des 5 missions nationales qui ont été mises en place au cours de l’année 2018 après un appel à projet qui a eu lieu en 2017.

Pourriez vous présenter la mission SPARES et ses enjeux ?

Le CPias Grand-Est, en association avec le CPias Nouvelle-Aquitaine, a candidaté sur une de ces 5 missions nationales, dévolue à la surveillance et à la prévention de la résistance aux antibiotiques en établissement de santé et a été retenu.

Ce projet reposait sur un existant.  Au niveau du CPias Grand-Est, nous étions détenteur de ‘ConsoRes’, outil  en ligne permettant la surveillance de la consommation d’antibiotiques et la confrontation avec les résistances bactériennes en temps réel et à différentes échelles (établissement, régional, national). Le déploiement de ConsoRes s’est initié dans les années 2010-2011 au sein des régions Grand Est et Pays-de-la-Loire, puis au niveau national.

Le CPias Nouvelle Aquitaine (avec Muriel Péfau, Emmanuelle Reyreaud, Catherine Dumartin) coordonnait la surveillance nationale dénommée ATB-Raisin (pour antibiotiques du réseau Raisin).

Fort de cette association, la mission SPARES s’est aussi associée à l’expertise de l’équipe de microbiologistes du CHU de Limoges, sous l’égide de Marie-Cécile Ploy, pour élaborer une nouvelle méthode de surveillance des résistances bactériennes adaptée aux nouveaux enjeux épidémiologiques et pour développer le module nécessaire dans l’outil ConsoRes .

Quelles ont été les actions menées en 2019 ?

La surveillance 2019 a permis de recueillir les données de consommation d’antibiotiques et de résistance bactérienne de l’année 2018. Le rapport national sur le volet ‘consommation d’antibiotiques’ vient d’être publié. Le rapport national sur le volet ‘résistances bactériennes’ sera disponible au 1er semestre 2020.

Les établissements ont la possibilité de télécharger leur rapport sur www.consores.net, en parallèle de l’envoi réalisé en août dernier. Concernant les données de résistance bactériennes, des analyses plus fines seront prochainement proposées. L’évolution de l’outil ConsoRes a été possible par le travail de toute l’équipe, notamment d’Amélie Jouzeau et Lory Dugravot du CPias Grand Est ainsi que Christian Martin et Aurélie Chabaud à Limoges.

Chaque CPias peut disposer des données de sa région.

En parallèle de la surveillance,  nous avons proposé des outils de prévention comme l’audit national gestion des excreta (Gex). C’est un audit singulier, car il est associé à la fois, à la mission nationale SPARES, mais aussi avec la mission nationale PRIMO, qui cible la résistance aux antibiotiques en ville, et en établissements médico-sociaux.

L’audit Gex a été proposé sur une période de 6 mois et a eu un gros succès, près de huit cents établissements y ont contribué. Les résultats sont très intéressants, malheureusement, on se rend compte que la gestion des excreta n’est pas bien maitrisée en France dans les établissements de santé, et encore moins bien dans les établissements médico-sociaux. Une communication orale est programmée à la RICAI (39ème Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-Infectieuse) dans les prochaines semaines.

Sur la partie communication, en 2019, SPARES n’est pas restée inactive : nous avons créé un comité scientifique, car cela nous paraissait important de nous rapprocher de partenaires autres que les acteurs de SPARES déjà présents. On a donc maintenant un partenariat à travers ce comité scientifique, avec les centres nationaux de référence de la résistance bactérienne, et aussi de nombreuses sociétés savantes (d’infectiologie, de pharmacie clinique, de microbiologie, d’hygiène hospitalière), et nous nous sommes aussi associés avec la Haute Autorité de Santé, et d’autres partenaires qui nous semblaient légitimes afin d’avoir une perspective sur nos différentes actions de surveillance et de prévention.

On a été aussi très actifs en termes de participation aux actions d’animation et de communication dans les congrès, que ce soit à la SF2H à Strasbourg en juin dernier, et aussi à la Société Française de Microbiologie, et nous sommes contributeurs à la Semaine Sécurité des Patients, que ce soit à travers la rédaction qui a été faite ces derniers mois sur la brochure One Health, ou nos différentes participations à des journées que nous organisons. Nous avons aussi revu et développé la communication web de SPARES, avec une page web SPARES qui a été créée, et hébergée sur le site du CPias Grand-Est, mais aussi une refonte complète du site www.club-consores.fr par notre informaticien Julien Claver.

Quelles sont les perspectives pour 2020 ?

En ce qui concerne les perspectives pour 2020 : elles concernent toujours les 3 volets (surveillance, prévention, communication). En termes de surveillances, un gros travail va être effectué dans les prochains mois : nous organisons une réflexion sur l’intégration de nouveaux modules dans ConsoRes qui ne concernait jusqu’à maintenant que les antibiotiques. On va étudier la possibilité d’y intégrer les antifongiques qui peuvent effectivement être très prescrits dans  certaines activités, je pense notamment aux services de cancérologie, d’oncohématologie, ou de réanimation.

Les nouveaux antifongiques sont des molécules très chères, et pour lesquelles on voit se développer une résistance chez les agents fongiques comme il existe une résistance aux antibiotiques. La demande de l’intégration d’antifongiques dans ConsoRes, nous a été demandée officiellement par le comité de suivi du ProPias. Nous avons confié ce travail à une nouvelle personne qui a intégré notre équipe. Elle s’appelle Florence Lieutier et va animer un groupe de travail national sur le sujet.

En parallèle, afin de faciliter l’extraction des données par les établissements de santé ou les laboratoires au format demandé, nous avons prévu de poursuivre notre collaboration avec les éditeurs de logiciels de laboratoires et de pharmacies. Ce travail a déjà été initié par Aurélie Chabaud, microbiologiste au CHU de Limoges et membre de l’équipe SPARES.

Nous allons continuer à travailler en lien avec des groupes de travail sur les indicateurs antibiorésistance, car il y a une grosse demande nationale, par le biais de la HAS, et pour produire des indicateurs utilisables dans le cadre d’incitations financières à la qualité (IFAQ), qui vont se développer dans les prochains mois, et surtout qui vont permettre aux établissements qui vont répondre à ces critères, de bénéficier d’argent sous forme de primes, et qui pourraient être conséquentes pour certains établissements.

Il est important que ces indicateurs IFAQ correspondent bien à ce que nous souhaiterions sur l’antibiorésistance. Nous avons déjà noué des partenariats, pour progresser sur ces indicateurs.

Enfin, pour la partie prévention en 2020, avec Elodie Couvé-Deacon du CHU de Limoges et moi-même, nous sommes co-coordonateurs d’un futur audit qui tournera autour de la thématique de la transmission croisée des bactéries hautement résistantes émergentes (BHRe). On estime en effet que c’est important pour la prévention de la résistance aux antibiotiques de bien connaitre les modalités de prise en charge des patients porteurs de BHRE.

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