Mesures de prise en charge de patient infecté ou colonisé par Candida auris

Comme nous vous l’annoncions dans notre mis au point sur l’émergence de Candida auris, le Haut conseil de santé publique vient de publier  ses recommandations pour le suivi et le contrôle de ce phénomène infectieux en France.

AVIS relatif aux mesures de prise en charge de patient infecté ou colonisé par Candida auris et au rapport bénéfice-risque d’une prescription d’antifongiques en prophylaxie

Dans ce document, inspiré de l’approche de la gestion des BHRe, on voit apparaitre des notions nouvelles intéressantes comme celle de la gradation du risque de contact autour d’un cas. Ainsi le HCSP défini les contacts à risque intermédiaire ou élevé comme : « Tout patient hospitalisé qui a séjourné plus de 4 heures dans la même chambre qu’un cas (infecté ou colonisé) alors qu’aucune mesure de prévention n’était mise en place lors de la prise en charge initiale du cas ».

Le cœur de l’action se situe autour de la stratégie de dépistage et les experts se sont accordés sur deux situations à risque nécessitant la recherche de Candida auris à savoir chez tout patient :

« – antérieurement identifié colonisé ou infecté par C. auris ;

– hospitalisé dans une zone, une région ou un établissement où une épidémie à C. auris est en cours ».

Ce dernier point requiert évidemment l’expertise de l’EOH et la définition de critères internes de mise en œuvre. Parmi les sites offrant des éléments d’orientation dans ces choix on trouve celui des CDC américains avec des cartes géographiques intéressantes et une liste de pays qui ont été pourvoyeurs aux USA de cas importés chez des rapatriés sanitaires. Dans leur mise à jour au 31 mai 2019, il y avait dans l’ordre alphabétique anglais : Inde, Kenya, Koweït, Pakistan, Afrique du sud, Emirats Arabes Unis et Venezuela. Côté prévention les CDC ont même lancé pour septembre la semaine de sensibilisation au risque fongique.

En complément the Outbreak Observatory fait des points épidémiologique réguliers sur les épidémies identifiées dans le monde autour de ce pathogène et possède un compte Twitter intéressant pour le suivi de toutes les épidémies. Pour la situation française, Santé Publique France a fait un bilan disponible en première page du site e-sin.

Pour les patients ciblés, le dépistage se fera de base avec un seul écouvillon passé dans les creux axillaires et inguinaux. L’identification est basée sur la technique de MALDI-TOF avec un envoi systématique des souches au CNR des Mycoses invasives et antifongiques.

Le texte décline ensuite les mesures pour maitriser et limiter la diffusion de C. auris en cas d’indentification d’un patient colonisé ou infecté en rappelant le recours possible à l’expertise des CPIAS.

Merci aux experts du HCSP et bons préparatifs à chacun.

Pulpe ’friction : un outil d’évaluation des pratiques professionnelles (EPP)

pulpe

L’outil d’évaluation Pulpe ’friction peut être utilisé et valorisé par tous en tant qu’outil d’évaluation des pratiques professionnelles (EPP). La méthodologie a été mise à jour en ce sens.

Voici les principaux éléments qui vous permettront de l’intégrer dans un programme d’EPP au sein de votre établissement si besoin :

Pulpe ’friction permet l’évaluation de l’observance de la friction hydro-alcoolique lors de soins, il permet ainsi une évaluation des pratiques de prévention de la transmission croisée et des infections associées aux soins dans un service.

En pratique, pulpe ’friction s’insère dans l’activité des services sans la perturber : un audit de pratiques est réalisé par des interviews individuelles des professionnels qui  durent entre 5 et 10 minutes et permettent un échange structuré avec chaque professionnel.

Pulpe ’friction répond aux critères de la méthodologie EPP de l’HAS. La grille d’audit a été bâtie suivant le référentiel OMS  et le référentiel SF2H 2009 concernant l’hygiène des mains en milieu de soins. Il permet de fournir des informations valides à des acteurs concernés qui à l’issue de cet EPP peuvent prendre des décisions traduites en actions d’amélioration.

Les objectifs de l’audit sont de:

  • Décrire l’observance déclarée de la friction hydro-alcoolique des mains par les professionnels à différents temps de la prise en charge du patient (selon les critères OMS et SF2H), et ainsi évaluer les pratiques de prévention de la transmission croisée et des infections associées aux soins dans un service,
  • Décrire les freins à la friction hydro-alcoolique des mains lors d’un soin (notamment freins de nature professionnelle, institutionnelle, organisationnelle et personnelle)
  • Positionner l’équipe du service sur une échelle de dynamique du changement de comportement concernant la friction hydro-alcoolique des mains
  • Evaluer la visibilité et la sensibilisation des patients à la prévention des infections par manuportage
  • Analyser les écarts observés et en identifier les causes
  • Obtenir un plan d’action personnalisé pour améliorer les pratiques et choisir les actions d’amélioration

La méthodologie de pulpe’friction comprend en plus de l’audit et de l’échange individuel :

  • un retour collectif des résultats obtenus
  • le choix d’une ou deux actions d’amélioration prioritaires avec l’équipe
  • la mise en place d’une organisation de suivi du plan d’action (calendrier, qui, comment)
  • l’évaluation de l’impact

Pulpe ‘Friction permet également une réévaluation à distance des pratiques et l’application gratuite en ligne liée à l’outil offre la possibilité d’obtenir automatiquement la visualisation de l’évolution des critères entre les deux évaluations. Le délai préconisé par l’HAS est d’un an ce délai est laissé à l’appréciation du pilote de l’évaluation.  

SPICMI – Etat d’avancement de l’élaboration du programme de surveillance et de prévention des ISO

SPICMI

La mission SPICMI, attribuée au CPias IDF depuis novembre 2018, repose sur une équipe dédiée (équipe projet) comprenant 1 responsable et deux binômes : un binôme médical et technique pour la partie « Surveillance » du programme et un binôme médical et paramédical pour la partie « Prévention ». D’autres membres de l’équipe assurent le versant informatique, biostatistique et internet du projet. L’expertise externe présente au niveau du comité scientifique Spicmi est assurée par des collègues médicaux et paramédicaux des établissements de santé ainsi que des membres de sociétés savantes de chirurgie et d’anesthésie, et de l’Unaibode. Santé Publique France et la Haute Autorité de Santé y sont également représentés. 

Surveillance des ISO

 L’élaboration d’un nouveau système de surveillance semi-automatisée a nécessité un état des lieux national réalisé en début d’année 2019. Il a servi à identifier des établissements ayant déjà mis en place un tel système de surveillance : des visites sur site sont actuellement réalisées par notre équipe pour prendre connaissance des différentes organisations et des facteurs de réussite de l’implantation. C’est un prérequis incontournable pour, par la suite, orienter techniquement les établissements qui souhaitent s’engager dans une telle démarche (un guide d’aide à la mise en place sera fourni). Un protocole de surveillance, basé sur ces retours d’expérience et l’expertise du comité scientifique sera mis à disposition avant la fin de l’année 2019. Un outil complémentaire de surveillance connectée via le patient, concernant en particulier la chirurgie ambulatoire, est à l’étude. Les établissements intéressés seront invités à participer à une enquête pilote prévue en 2020.

Prévention des ISO

 Un programme de prévention est en cours d’élaboration avec un groupe de travail. Il pourrait s’inspirer des démarches d’implémentation promues par l’OMS (guide paru en 2018). Les premiers outils disponibles d’ici à la fin de l’année 2019 seront sur les thèmes de l’antibioprophylaxie et la préparation cutanée. Pour l’évaluation, il s’agira vraisemblablement d’une évaluation de type quick-audit. Une hiérarchisation des autres thèmes est en cours pour les années à venir sur la base des résultats de l’état des lieux, des avis du comité scientifique et du groupe de travail « Prévention ».

Une plateforme informatique dédiée au programme Spicmi intégrera les éléments relatifs à la surveillance et la prévention. Une inscription au programme sera annoncée dès que les premiers outils seront disponibles. Le site internet du CPias comporte une page dédiée à la mission Spicmi, dont le contenu est mis à jour en fonction des actualités.

>> Pour en savoir plus sur SPICMI 

SPIADI – La surveillance des bactériémies associées aux dispositifs intravasculaires est en ébullition !

SPIADI

1092 établissements de santé répartis sur l’ensemble du territoire se sont inscrits au programme 2019 de surveillance de la SPIADI.

Distribution des établissements inscrits au programme de surveillance SPIADI 2019

Bravo aux hygiénistes des 877 établissements participants répartis sur l’ensemble du territoire qui ont au jour d’aujourd’hui clôturé leur(s) surveillance(s) !

Les établissements participants ont documenté les bactériémies associées aux dispositifs intra-vasculaires pendant 3 mois au début de l’année.

Evolution du nombre de fiches saisies

TOTAL

 

 

 

REA-INF-ADI (adulte, péd.)
BACT-ADI

REA-BACT-ADI

DIA-INF-ADI
REA-INF-ADI (nouveau-né)

30904 fiches ont été saisies à ce jour :

– 10620 fiches pour la surveillance BACT-ADI (10620 bactériémies associée aux soins)
– 20284 fiches pour les surveillances « PATIENT » pour les services de réanimation (adulte, enfant et nouveau-né) et d’hémodialyse.

Le nombre de fiches saisies varie en fonction des établissements et des modalités de surveillance. Il est le plus faible pour BACT-ADI, avec un nombre moyen de 11 fiches par établissement, et le plus élevé pour REA-INF-ADI (105 fiches par établissement en moyenne).

Nombre moyen de fiches par surveillance

Nous commençons maintenant l’analyse des données recueillies.
Nous présenterons les résultats de cette analyse le 15 octobre au centre des congrès de TOURS, dans le cadre de la journée nationale de la SPIADI.

La journée du 15 octobre comprendra :
• 4 conférences :
– les enjeux de la prévention des infections associées aux cathéters (coût et évitabilité) du Dr W ZINGG,
– les recommandations françaises actuelles pour la prévention des infections associées aux dispositifs intra-vasculaires (Pr D LEPELLETIER),
– les bonnes pratiques pour la réalisation de l’hémoculture (Dr B LAMY),
– Les MIDlines et le PICClines en pratique (C DUPONT),
• des communications sélectionnées portant sur la surveillance, des REX, des analyses de causes, des outils pédagogiques et pour l’évaluation des pratiques.

Rendez-vous sur le site de la SPIADI pour télécharger programme, et vous inscrire si vous ne l’avez pas encore fait.

Nous espérons que vous viendrez nombreux !

Bel été à vous !

L’équipe SPIADI

Vous avez dit EGALIM ?

La promulgation le 1er novembre 2018 de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, n’avait guère attiré l’attention de notre discipline. Cela n’avait de prime abord rien d’anormal car cette loi, dite EGALIM en langage courant, ne semblait en rien viser notre activité.

Toutefois l’article 76 a attiré l’avis de certains experts, en particulier de la SF2H, avec une formulation très ouverte qui dit d’une part que  « Certaines catégories de produits biocides telles que définies par le règlement (UE) n° 528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012 précité ne peuvent être cédées directement en libre-service à des utilisateurs non professionnels. » et d’autre part que « Toute publicité commerciale est interdite pour certaines catégories de produits biocides définies par le règlement (UE) n° 528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012 précité ». Le tout assorti de l’annonce d’un décret en Conseil d’état fixant les catégories de produits concernés.

Cette loi voyait donc le spectre d’une nouvelle stigmatisation de nos biocides, en particulier des SHA, via une interdiction de la vente publique ou encore une impossibilité pour les établissements de santé de bénéficier de prix négociés à l’achat. Les perspectives potentielles étaient tout de même de voir les prix des détergent-désinfectants s’envoler au risque de ne plus être accessibles et pour l’hygiène des mains de recevoir le descabello après quatre années de bad buzz sur le sujet.

La préoccupation a été portée devant l’ANSES puis le Comité de suivi du PROPIAS. Le Ministère de la santé des solidarités s’est engagé à défendre les spécificités de la prévention du risque infectieux dans ce projet de loi nécessaire mais risquant de déborder de sa finalité initiale. Sans méconnaitre les enjeux du développement durable nos spécificités ont donc été plaidées auprès du Ministère de la transition écologique et solidaire en particulier par notre collègue Sylvie Renard-Dubois qu’il convient de remercier pour son excellent travail.

Après une phase très active de concertation, les deux décrets d’application sont donc parus à savoir :

Décret n°2019-642 du 26 juin 2019 relatif aux pratiques commerciales prohibées pour certaines catégories de produits biocides

Décret n° 2019-643 du 26 juin 2019 relatif à la publicité commerciale pour certaines catégories de produits biocides

Les produits biocides du type 1, destinés à l’hygiène humaine, ne sont donc pas concernés par cette nouvelle réglementation et c’est une très bonne chose. Pour les détergents désinfectants de surface, biocides de type 2 qui dans leur forme concentrée peuvent présenter les critères d’écotoxicité prévus par le décret, seule une interdiction de publicité vers le grand public s’applique.

En milieu de soins, il est évident que la nécessité de contribuer au développement durable ne peut être méconnue et est désormais très largement prise en compte par les utilisateurs comme par les industriels. Toutefois le risque infectieux, avec ses émergences comme le récent Candida auris, nous impose aussi un devoir d’efficacité biocide démontrée dans certaines situations. Concilier les deux n’est pas toujours aisé mais cette fois le législateur y est parvenu et c’est une excellente chose.

Recueil des Indicateurs IAS 2019

Suite aux nombreux échanges sur le forum du site du RéPias autour du bilan IAS, nous avons sollicité la HAS afin qu’elle puisse clarifier les points qui font encore débat à l’approche de la clôture de la campagne de recueil des indicateurs IAS. Vous trouverez ci-après un document produit spécifiquement par la HAS qui, nous l’espérons, vous aidera à résoudre vos derniers dilemmes. Il est évident qu’un bilan de ces difficultés sera fait et servira à préparer de façon optimale la campagne 2020.

Lire la notice HAS Notice ICSHA BILAN IAS 26 juin 2019

La date officielle de la clôture de la campagne de recueil est le 5 juillet 2019.

Visionnez notre dernier webinaire !

Un webinaire MATIS s’est tenu le vendredi 21 juin de 15h à 16h.

Ce webinaire avait pour objectifs de vous présenter l’ensemble des outils de la boîte à outils MATIS Hygiène des mains et de vous proposer une stratégie de mise en œuvre globale de ces outils au sein de votre établissement. Ce moment a également été l’occasion pour nous de répondre aux questions que certains d’entre vous se posaient.

La vidéo de cette conférence est désormais disponible sur notre chaîne YouTube.  

 

 

Quick audit Pulpe’friction, application disponible !

pulpe'friction

Envie d’un diagnostic de l’observance déclarée de la friction hydro-alcoolique dans votre équipe ? De connaître les freins à la friction et les leviers possibles ? Votre équipe est-elle plutôt contemplative ou dans le souhait d’agir ? Et tout cela en un temps record ?

Le quick audit national  “Pulpe’friction” est pour vous !

Depuis début juin, l’application web pour la saisie des données est disponible ! 

Et pour vous assurer une bonne prise en main, 4 tutoriels courts, format vidéo;  sont à votre disposition sur notre chaîne Youtube. 

Enfin, retrouvez ici l’ensemble des informations relatives à cet outil. 

A faire dans un ou plusieurs services, en établissement de santé ou médico-social !

Le signalement des IAS

signalement

Une nouvelle instruction relative aux signalements des infections associées aux soins en ville, en établissement de santé (ES) et en établissement et service médico-social (ESMS) a été diffusée en mai. Elle a pour objet de fournir des informations techniques utiles à la mise en œuvre du signalement des infections associées aux soins (IAS) par les professionnels de santé dans les trois secteurs de soins : ES, ESMS, Ville. La gestion de ces signalements et notamment l’articulation entre CPias et Agence régionale de santé devra être formalisée par des procédures.

Par ailleurs, il est à noter la mise à disposition par le ministère de la santé sur son site internet d’un kit d’information sur le signalement des évènements indésirables en santé. L’objectif est d’aider à la promotion de la sécurité sanitaire et du signalement. Ce kit regroupe un ensemble de supports (plaquettes, fiche pratiques, vidéos) qui pourrait être utile aux professionnels de la prévention du risque infectieux afin sensibiliser les professionnels de santé à l’intérêt du signalement des IAS.

La punaise de lit en moins de 4 minutes

tuto punaise de lit

Voilà l’été, voilà l’été … Et les vacances qui approchent !

Destination lointaine ou pas, mer ou montagne, aventure ou farniente… Saviez–vous qu’à votre retour, vous pourriez ramener des petites bêtes indésirables et infester votre logement ?

La punaise de lit, petite bête de l’ombre, est en recrudescence et responsable d’infestation de logement entier dont les établissements de soins. En venir à bout n’est pas forcément aisé … Le CPIAS Nouvelle-Aquitaine fait le point sur cet ectoparasite en un court tuto vidéo, disponible ici!