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Publication du rapport SPARES – Données 2024

Le rapport complet SPARES présentant les données nationales 2024 sur la consommation des antibiotiques, des antifongiques et la résistance bactérienne aux antibiotiques en établissements de santé est désormais disponible.

Ce dispositif national de surveillance repose sur la participation volontaire des établissements de santé et permet de suivre les usages d’anti-infectieux ainsi que les tendances de résistance bactérienne selon une méthodologie standardisée, cohérente avec les surveillances internationales. Il constitue un outil essentiel pour accompagner les politiques de bon usage des antibiotiques et de prévention de l’antibiorésistance.

Une large participation nationale

En 2024, 1 392 établissements de santé ont contribué à la surveillance des consommations d’antibiotiques, représentant 71 % des journées d’hospitalisation au niveau national. Le volet antifongique a, quant à lui, reposé sur la participation de 684 établissements. Par ailleurs, plus de 600 000 souches bactériennes ont été analysées dans le cadre de la surveillance de l’antibiorésistance, issues de 1 059 établissements (58 % des journées d’hospitalisation).

Consommation des antibiotiques : une tendance à la hausse

La consommation globale d’antibiotiques s’élève à 322 DDJ pour 1 000 journées d’hospitalisation (JH), atteignant son niveau le plus élevé depuis 2015. Une augmentation de 13 % est observée depuis 2019. Elle varie selon le type d’établissement et le secteur d’activité clinique. L’amoxicilline et l’association amoxicilline-acide clavulanique représentent à elles seules plus du tiers des consommations.

Entre 2019 et 2024, la consommation globale a augmenté, avec une progression observée pour la majorité des familles d’antibiotiques, notamment les antibiotiques à large spectre. À l’inverse, les consommations de fluoroquinolones et de glycopeptides ont diminué.

Consommation des antifongiques : des usages concentrés en hématologie et en réanimation

La consommation globale d’antifongiques est estimée à 15,7 DDJ / 1 000 JH. Elle est très concentrée dans certains secteurs, notamment en hématologie (356 DDJ/1 000 JH) et en réanimation (130 DDJ/1 000 JH), en lien avec la prise en charge de patients à haut risque d’infections fongiques.

Les antifongiques les plus utilisés sont le fluconazole, le posaconazole et la caspofungine.

Entre 2019 et 2024, la consommation globale a augmenté, avec une progression observée pour la majorité des familles d’antibiotiques, notamment les antibiotiques à large spectre. À l’inverse, les consommations de fluoroquinolones et de glycopeptides ont diminué.

Antibiorésistance : une vigilance toujours nécessaire

Les données de surveillance mettent en évidence des résultats contrastés en matière d’antibiorésistance. Une maîtrise de la résistance est observée pour Staphylococcus aureus (11,4 % de SARM, densité d’incidence (DI) à la baisse de 0,13 souche / 1000 JH). A l’inverse, une progression est rapportée pour les Enterobacterales, notamment avec 8,2 % de souches productrices de BLSE (DI  de 0,58 souches/1000 JH) et près de 2000 souches d’Enterobacterales productrices de carbapénémase (EPC) été isolées, correspondant à une DI de 0,037 / 1000 JH, en augmentation par rapport aux années précédentes.

Des données au service de l’action

Ces résultats soulignent l’importance de la surveillance, ainsi que de la poursuite des actions de bon usage des anti-infectieux et de prévention de la transmission des bactéries résistantes. L’analyse des données de consommation et de résistance constitue un levier essentiel pour orienter les stratégies à l’échelle des établissements et des territoires.

La mission SPARES remercie l’ensemble des établissements participants pour leur contribution à cette surveillance nationale.