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Sf2H – Rôle et mission des EOH et EMH – Interview de Loic Simon

En réponse à une saisine du Ministère, la SF2H produit un rapport sur le rôle et la mission des EOH et EMH dans la prévention du risque infectieux. Loic Simon est interviewé sur la partie EMH.

Quel est l'objectif de ce rapport ?

L’objectif du rapport SF2H sur le rôle des EOH et EMH part d’un double constat. Une saisine du ministère de la Santé en mars 2021 demande à la SF2H de se prononcer sur l’organisation à venir par rapport à la lutte contre les IAS. Il y a deux volets : un volet tourné vers les établissements sanitaires, (on ne traitera pas de cette partie), et un autre volet sur l’accompagnement des établissements sociaux et médico sociaux et le rôle des EMH.

La SF2H m’a demandé d’animer ce groupe de travail car nous avons fait un constat suite à l’épidémie Covid-19 en 2020 : certaines régions (dont la mienne : Grand-Est) ont été particulièrement affectées au niveau de leurs ESMS et plus particulièrement au niveau des EHPAD, car ils n’ont pas bénéficié d’un accompagnement à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre du fait de l’absence parfois d’équipes professionnelles en hygiène.

Dès fin 2020, nous avons travaillé avec notre ARS pour construire un tissu d’équipes mobiles d’hygiène. Nous avons exploré ce qui existait en France. La saisine que la SF2H avait reçue permettait de transformer ce qui avait déjà été réalisé en amont : quel était « l’état, au niveau national et par régions, de la présence ou non d’équipes mobiles en hygiène ». En avril 2021, le groupe de travail est lancé : spécialisé ou orienté vers les équipes mobiles d’hygiène. Dans ce groupe, il y a des membres SF2H et quelques professionnels d’équipes mobiles en hygiène.

On s’est imposé une réunion tous les quinze jours pour répondre aux objectifs : quels éléments à mettre en avant en termes de prévention des infections en ESMS ? Quels objectifs de formation ? Quelle organisation pour une répartition homogène des EMH sur le territoire national ? Certaines régions ont très tôt construit un réseau d’EMH, par exemple Bourgogne Franche-Comté dès 2012 et en 2013 pour la région Auvergne Rhône-Alpes.

D’autres régions ont pris des initiatives, mais indépendantes des autres régions. Certaines étaient très bien équipées et organisées, avec un réseau de très grande qualité. En revanche, d’autres régions étaient plus pauvres, sans même aucune organisation comme par exemple dans le Grand-Est.

Nous souhaitions donc proposer des plans d’organisation pour les régions. On a défini un programme d’action que chaque EMH doit pouvoir mettre en œuvre avec ses ESMS. La question était : comment construit-on ces EMH, quelles sont les ressources humaines utiles pour chaque région ? On est tombés d’accord, ça a été validé par la SF2H et c’est ce qui est indiqué dans le rapport, envoyé en fin d’année 2021 au ministère de la Santé. On propose un équivalent temps plein d’infirmières hygiénistes + 0,5 équivalents temps plein de praticiens pour 20 à 25 ESMS.

On a aussi défini un nombre de lits maximum. Si on prend l’exemple des EHPAD : certains sont petits  et d’autres très grands. Donc l’EMH est constitué pour un maximum de 1500 lits pour ce ratio (d’ETP infirmière et praticiens). Nous avons aussi défini les types de professionnels et de ressources humaines participants à la construction de ces EMH. On est très centré sur infirmières et praticiens.

Quels sont les points principaux à retenir concernant la partie remise du rapport?

On ne veut pas de différences notables entre les professionnels des EOH et des EMH. Ils doivent avoir la même formation de base, diplômante en hygiène ou en prévention du risque infectieux. On peut imaginer qu’il y ait des passerelles entre le monde sanitaire et le monde médico-social.

Important : les EMH sont orientées vers les ESMS n’appartenant pas à des établissements sanitaires, car certains ES possèdent des EHPAD. Ceux-ci dépendront donc des EOH.  Enfin, le programme proposé d’action pour les EMH est quasi identique à ce qu’on retrouve dans le monde sanitaire. On a vu à travers la crise Covid-19 que les problématiques de prévention du risque infectieux sont proches entre l’hôpital et le monde médico-social. Cependant, il ne faut pas résumer les ESMS aux EHPAD. Il y a d’autres structures (notamment le monde du handicap) qui doivent eux aussi bénéficier d’un accompagnement par des équipes mobiles d’hygiène.

Très important : le financement permettra d’avoir les quotas de professionnels demandés notamment les praticiens, car dans certaines expériences régionales, les EMH n’étaient constituées que d’infirmières. Ça nous a semblé être un handicap. Il faut que le binôme paramédical-médical soit associé au sein des équipes mobiles d’hygiène. L’objectif est d’obtenir un maillage dans toutes les régions. Mais il est dépendant des financements  attribués pour construire les EMH, et des professionnels recrutés.

Avez-vous des recommandations particulières pour l'utilisation de diffusion de ce rapport?

A partir du moment où le conseil d’administration de la SF2H a validé ce rapport, il doit être diffusé aussi largement que possible. Il constitue un élément d’information auprès de l’ensemble des professionnels tout secteur confondus. C’est un moyen de présenter ce que la SF2H imagine, et voir enfin ce que le ministère de la Santé, à travers ses trois directions (DGS, DGCS et DGOS) retiendront de ces propositions.

On peut espérer le meilleur : même si toutes les propositions concernant les EOH et EMH ne seront pas retenues, il y a eu une discussion et une diffusion publique, des propositions faites. Libre à chacun d’évaluer la différence entre ce qui nous sera proposé et ce qui avait été proposé par la SF2H.

Merci à Loic Simon pour ces propos.
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