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Rapport national 2020 des indicateurs et impacts des dispositifs d’amélioration de la qualité (IQSS)

Peut –être passé inaperçu en raison de la période Covid-19, mais d’intérêt pour nous, professionnels de la prévention des infections associées aux soins, le rapport national 2020 des indicateurs et impacts des dispositifs d’amélioration de la qualité (IQSS) a été mis en ligne le 25 février sur le site de la HAS.

De façon globale, ces indicateurs ont comme objectifs de permettre aux établissements de santé de piloter leur démarche d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Ils sont également utilisés dans la certification des établissements de santé, à des fins d’information des usagers sur le site Scope Santé, et dans des dispositifs de régulation comme l’incitation financière à l’amélioration de la qualité. 

Mais revenons à nos résultats 2020. Avant d’aller plus loin dans ce billet, il convient de préciser que ces indicateurs correspondent au recueil des informations sur l’année 2019. Et si le contexte de crise sanitaire a eu pour conséquence d’en annuler certains, notamment ceux nécessitant une analyse de dossiers « Patient », ceux issus des questionnaires patients et du PMSI ont pu être recueillis comme l’indicateur portant sur les infections du site opératoire 3 mois après pose de prothèse totale de hanche ou de genou qui nous intéresse tout particulièrement.

Cet indicateur, portant l’acronyme ISO-ORTHO, est le premier indicateur de résultat concernant la prévention des infections associées aux soins. Effectivement dans le monde d’Avant, nous pouvons nous souvenir des différents acronymes, ICALIN , ICA-LISO, ICA-BMR…indicateurs de moyens ayant fait les beaux jours du tableau de bord des infections nosocomiales (et bien occupé chaque mois de juin pour beaucoup d’entre nous). Ils étaient le reflet des actions mises en œuvre par la structure dans chacun des domaine ciblés. 

Désormais ISO-ORTHO permet d’obtenir (de mesurer) directement les infections du site opératoire après pose de prothèse totale de hanche et de genou via le PMSI et à l’aide d’un algorithme mobilisant des combinaisons de code d’infection associées aux codes de complication et ou d’actes de traitement de ces ISO. Le résultat de cet indicateur est traduit en ratio, c’est-à-dire le nombre d’ISO observé sur le nombre d’ISO attendu. Ce dernier paramètre est obtenu à l’aide d’un modèle de régression logistique réalisé sur l’ensemble de la population de référence (séjours PMSI France entière). Les caractéristiques introduites dans le modèle étant les facteurs associés à un risque d’ISO identifiables dans le PMSI.

Les présentations faites, parlons résultats maintenant. En 2019, 726 structures en France étaient concernés par cet indicateur soit 24 % des établissements de santé français. Parmi ces structures, 13 soit 1,8% présentaient des résultats moins bons que ceux attendus. Sur les données de 2018, la proportion de ces établissements était de 2,45 %.

Ces 13 établissements totalisaient 9,4 % des ISO détectées et présentaient un taux supérieur au taux national (0,9%) et à celui des établissements situés dans la norme.

Points positifs

Axes d'amélioration

L’analyse plus précise des ISO identifiées via le PMSI et les retours à certains dossiers patients (nécessaire pour valider l’indicateur) a permis d ‘identifier des points positifs :  

Des axes d’amélioration, pour in fine réduire le taux d’ISO dans les établissements dont l’indicateur est à améliorer (le résultat est supérieur au taux national) ont pu également être objectivés lors de retour au dossier en termes :

  • Le taux d’ISO observé, de 0,9%, est globalement cohérent avec les données disponibles (autour de 1%),
  • Les ISO détectées dans la population cible surviennent à 97% lors d’une réhospitalisation, et en moyenne dans les 30 jours après la pose. Cela conforte la pertinence du suivi à 3 mois pour la mesure de cette complication majeure,
  • Les pratiques d’antibioprophylaxie  sont tracées dans tous les dossiers analysés et conformes dans 86,3% des dossiers,
  • Les pratiques de préparation cutanée sont tracées dans 97% des dossiers analysés et conformes dans 90,5% des dossiers
  • d’analyse des causes de survenue des ISO,
  • de réalisation de programme de récupération améliorée après chirurgie (RAAC),
  • de remise au patient de la lettre de liaison à la sortie, en précisant les informations sur le traitement antibiotique, le risque infectieux, notamment d’ISO et les signes devant motiver une hospitalisation en urgence.

A noter que les analyses montrent une différence de résultats observés pour les poses de PTH et ceux observés pour les poses de PTG avec plus d’infections du site opératoire observées pour ce dernier acte.

Une analyse séparée permettrait aux professionnels de santé concernés par chacune des interventions d’avoir des résultats au plus près de leur pratique.

Ainsi en 2021 seront calculés 2 indicateurs : infections du site opératoire 3 mois après pose de prothèse totale de hanche (ISO-PTH) et infections du site opératoire 3 mois après pose de prothèse totale de genou (ISO-PTG). La prévention des infections associées aux soins sera également en 2021 concernée  par l’indicateur révisé de consommation des solutions hydroalcooliques (ICHSA 2021), au recueil initialement prévu en 2020 et reporté en février dernier sur les données 2019. Cette nouvelle version prend le relais de l’ICSHA 3.

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