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Genève ICPIC 2019 : environnement, innovation, communication et parole des patients

Retour sur la dernière édition de la 5ème conférence ICPIC ( International Consortium for Prevention & Infection Control).

La cinquième édition de la conférence ICPIC s’est tenue à Genève du 10 au 13 septembre 2019 et a réuni plus de 1 000 participants venus des 5 continents. Un large accès était possible cette année à distance, via le compte Twitter usuel plus une nouvelle page Facebook, avec beaucoup de sessions retransmises en direct.

La nouveauté 2019 résidait dans la place importante réservée aux témoignages de patients et à leurs associations. Difficile de ne pas mentionner le témoignage poignant de Vanessa Carter (visible à 46 minutes du début de la cérémonie d’ouverture via Facebook). Suite à un accident grave elle a dû bénéficier de nombreuses chirurgies reconstructrices de la face qui avaient été très bénéfiques jusqu’à l’apparition d’une infection  du site opératoire à SARM qui lui a fait vivre une descente aux enfers dont le récit ne peut laisser personne indifférent. A noter aussi une présence forte dans ces sessions patients de l’entreprise française de communication « Doctors 2.0 & you ».

L’innovation reste le maitre mot de l’ICPIC où toutes formes de création et de prise de risque sont encouragées. Dans ce registre, vous pouvez revoir les présentations des finalistes de l’académie de l’innovation via Twitter ou via Facebook Parmi les innovations industrielles celles centrées autour du monitoring continu  de l’hygiène des mains étaient particulièrement à l’honneur. Parmi elles, on peut noter la présentation de Tobias Gebhardt de la société allemande GWA dont le système parait pragmatique et polyvalent et vient compléter une offre en perpétuelle évolution dont l’implantation concrète semble désormais possible pour relever le challenge de l’hygiène des mains de demain. Le prix Hubert Tuor 2019 est toutefois revenu à Michael Lucas de l’Université de Johannesburg pour un système de revêtement antibactérien en cuivre appliqué par un spray froid. Dans sa présentation il nous propose de commencer par sécuriser nos smartphones. A l’évidence le monde des revêtements antibactérien a le vent en poupe et la France n’est pas à la traine avec son nouveau référentiel AFNOR qui est en lice pour devenir la  norme mondiale ISO du secteur. Plus généralement, l’exposition industrielle offrait la possibilité de tester les innovations pour se préparer à l’arrivée des futures émergences.

 

L’ICPIC 2019 était aussi l’occasion du lancement officiel de l’initiative Clean Hospitals de Didier Pittet qui se veut sur le modèle de celle qu’il a développé pour l’hygiène des mains en y associant tous les partenaires concernés. Une initiative qui est à même de redonner de l’intérêt à un domaine souvent peu considérer sous un angle scientifique. L’objectif est de promouvoir l’hygiène de l’environnement en y apportant une dynamique scientifique nouvelle. Vous pouvez revoir l’intégralité du symposium via Twitter ou via Facebook. Tenue correcte exigée il va sans dire.

 

 

Dans la continuité, nombre d’orateurs ont pointé l’importance du nettoyage et de la désinfection de l’environnement. Ce fut particulièrement le cas des experts amenés à parler de leur expérience d’épidémie à Candida auris. L’anglais David Eyre a souligné le rôle joué par des sondes de prise de température cutanée en soins intensifs ; point repris par la presse à l’époque de l’épidémie. Elle aussi soumise à la lumière médiatique, et pas la moindre avec le New York times, notre collègue hygiéniste newyorkaise Kinta Alexander a fait un remarquable retour d’expérience de sa gestion de cas de Candida auris avec en particulier un programme des bionettoyage très rigoureux et contrôlé au quotidien à l’aide de gel fluorescent par l’équipe d’hygiène. A noter aussi que dans son hôpital tout patient ayant séjourné une nuit en hospitalisation hors des Etats-Unis dans les douze mois précédents fait l’objet d’un dépistage systématique du portage de Candida auris.

Pas mal de place a été faite à la controverse sur l’intérêt de maintenir les précautions contacts pour la gestion des bactéries multirésistantes. L’américaine Loreen Herwaldt a présenté une très belle méta-analyse sur la question. Si beaucoup d’études semblent ne pas montrer d’impact bénéfique de la mise en œuvre de précautions contacts elle a souligné en conclusion que peu d’études ont des méthodologies rigoureuses et qu’elles sont le plus souvent basées sur des dépistages positifs et non des acquisitions certaines. Elle a par contre rappelé les données de l’étude de SS Huang en 2011 qui montrait qu’en moyenne la première infection à SARM survenant après le séjour où le portage avait  été dentifié était en moyenne 97 jours après la sortie. En outre, le risque de décès dans l’année suivant la première identification du portage de SARM était de 9,1%. A garder en mémoire.

Bien entendu une large place a été faite à l’usage des médias sociaux et Julie Storr a souligné l’importance de YouTube dans l’apprentissage des mesures de prévention. Et c’est assez logiquement sur ce média vous pouvez retrouver les lauréats 2019 du toujours très prisé concours de vidéo. Ne doutons pas que cette chanson vous rappellera un air du 5 mai dernier. A vos claviers !

L’ICPIC c’est évidemment aussi son maître de cérémonie le professeur Didier Pittet décidément aussi à l’aise dans l’exercice scientifique que dans le show pur comme il l’a prouvé en introduction en s’attaquant sans hésiter à The greatest showman » avec plus que du talent.

La prochaine conférence ICPIC se déroulera à Genève du 14 au 17 septembre 2021. Si vous ne pouvez pas y aller le RéPias sera là pour vous en parler.

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